Ce mercredi 30 janvier, j’ai finalement participé en tant que coorganisateur (et visiblement, présentateur) à un Midi-conférence à l’INRS Montréal, lequel portait sur les liens entre IA et créativité. Au programme, nous avons accueilli 4 artistes (Vincent Morisset, David Jhave Johnston, Laurence Dauphinais et Maxime Carbonneau), chacun représentant un domaine spécifique, chacun présentant aussi son propre usage et sa propre acception de l’IA.

Vincent Morisset, en tant qu’artiste multidisciplinaire, a fait une présentation sur son usage de l’IA comme moyen d’interfacer au mieux l’écran comme une « porte » entre deux individus. En utilisant la caméra de son ordinateur, il effectuait des gestes directement interprétés par son « double » numérique (au choix, sa compagne, ou encore une danseuse émérite, etc.), en temps différé bien entendu. La vidéo ci-dessous résume sans doute mieux le propos :

David « Jhave » Johnston, de son côté, a fait une présentation qui, en dépit des problèmes techniques, portait sur l’utilisation de l’IA pour l’écriture poétique. Au coeur du sujet, ReRites, l’oeuvre qu’il publiera chez Anteism Press dans quelques temps. Fruit d’un an de travail, ReRites est un travail d’éditeur plus que d’écrivain au sens classique du terme : David utilise les réseaux neuronaux pour produire une première version du texte (un « premier jet »), qu’il travaille ensuite comme on sculpte une matière. De façon notable, il utiliser le verbe « to carve » pour définir ce à quoi ressemble le plus son travail.

Enfin, Laurence Dauphinaire et Maxime Carbonneau nous ont parlé de SIRI, la pièce qu’ils ont monté à deux et qu’a joué Laurence dans de déjà nombreux pays. Point notable de leur présentation, la personnification de l’assistant d’Apple comme « coauteur » de la pièce. S’il faut bien sûr déceler derrière cette volonté une stratégie auctoriale, où la posture permet de soulever certains questionnements, la démarche mérite sans doute au minimum d’être citée.